Le compostage et comment créer un potager familial

Publié le : 21 mai 202116 mins de lecture

Jettez-vous les restes et les pelures des aliments que vous utilisez ? Saviez-vous qu’il est possible de recycler les déchets organiques ? C’est vrai, vous pouvez réutiliser ces restes qui iraient à la poubelle d’une manière très simple, en fabriquant le compost.

Qu’est-ce que le compostage ?

Le compostage est une technique qui transforme les déchets organiques (restes de nourriture) en engrais. C’est un processus biologique qui valorise la matière et la transforme en matière fertile, pleine de nutriments. Les fruits en général (restes et pelures), les légumes, les coquilles d’œuf, les sachets de thé, le thé tereré et le maté, les céréales, les graines, le marc de café et même le filtre peuvent être utilisés dans le compostage.

Intérêts :

  • Réduire la quantité de déchets organiques présentés dans la poubelle d’ordures ménagères
  • Réduire les allers retours à la benne à déchets verts ou la déchèterie
  • Produire du compost

L’un des avantages du compostage à domicile est la réduction et le recyclage des déchets. Lorsqu’ils sont mélangés dans les décharges, les objets (organiques ou non) polluent l’environnement. La décomposition génère du méthane, qui contribue à l’effet de serre. Si tout le monde adhérait au compostage, le sol, l’eau et l’air seraient moins pollués. Une grande aide pour notre planète, vous ne pensez pas ?

Dans le même thème : Keyhole garden à Bussy

Les avantages du compostage sur les plantes

Les jardins biologiques sont de bonnes options pour ceux qui veulent avoir des aliments frais et riches en nutriments. Vous pouvez le placer dans n’importe quel coin de votre maison, à condition que l’endroit soit ensoleillé. Et comme toutes les plantes ont besoin de soins, le jardin n’est pas différent.

Pour obtenir une récolte abondante et saine, vous devez laisser le sol fertile et empêcher les éventuels parasites d’atteindre les plantes. Avec le compostage, vous avez la possibilité de faire tout cela.

La matière recueillie par cette technique est riche en nutriments. Lorsqu’il est placé sur les plantes, que ce soit dans les fleurs ornementales ou dans les potagers, il aide à fertiliser le sol. L’humus, comme on l’appelle aussi, est une excellente alternative pour ceux qui veulent abandonner l’utilisation d’engrais synthétiques et opter pour un jardin biologique.

Contrairement aux boues toxiques produites dans les décharges, le liquide produit par le compostage peut être utilisé pour le jardinage. Il contribue à rendre le sol fertile et, en suivant quelques étapes, peut servir de pesticide naturel.

Avez-vous vu les nombreux avantages du compostage ? Vous prenez soin de vos plantes, de votre santé et de l’environnement.

Pour plus d'informations : Déchets végétaux : lesquels consommer ?

Où composter ?

Habituellement, ceux qui vivent dans de grandes villes et ne disposent pas d’un espace très spacieux, optent pour l’utilisation de bacs à compost adaptés pour effectuer le processus.

L’un des plus courants est le bac à compost avec des boîtes en plastique. Les compartiments sont superposés. En général, le modèle contient trois boîtes, la première pour les déchets, et la dernière, qui comporte un robinet, pour le lisier.

Maintenant que vous savez ce qu’est le compostage et à quel point il est important pour la santé de vos plantes et pour l’environnement, que diriez-vous d’apprendre les étapes à suivre pour réaliser un jardin familial ?

Créer un potager familial

Disposez votre potager dans un endroit bien ensoleillé

La culture des plantes potagères doit se faire au soleil, loin des racines des arbres matures. Bien que certaines plantes comestibles arrivent à pousser à la mi-ombre, la majorité des légumes exigent plus de six heures d’ensoleillement. De plus, la présence d’une haie ou de conifères du côté nord-ouest du potager est un atout afin de protéger les plantes potagères contre les méfaits des vents dominants.

Dimensionnez votre potager en fonction de vos besoins

Un jardin potager peut prendre toutes sortes de formes et d’aspects. Toutefois, un potager carré ou rectangulaire est habituellement plus facile à intégrer à la plupart des terrains.

Une superficie d’environ 36 mètres carrés (400 pieds carrés), soit 6 m sur 6 m (20 pi x 20 pi), est généralement suffisante pour cultiver, presque, tous les légumes dont se nourrit une famille de quatre personnes à partir de la fin du printemps jusqu’à l’automne.

Il peut être fort utile de faire un croquis sur papier ou sur ordinateur de votre futur potager et d’y disposer les légumes que vous souhaitez y cultiver. Cela vous permettra de planter les végétaux dont vous avez réellement besoin.

Enlevez le gazon

Il faut évidemment enlever le gazon qui recouvre la surface du sol où vous désirez installer votre potager. Comme il est difficile d’arracher une pelouse complètement sèche, arrosez-la abondamment la veille où vous effectuerez les travaux. Afin de décoller aisément les morceaux de pelouse du sol, il faut couper les racines du gazon à environ 2 cm de la base des brins d’herbe à l’aide d’un coupe-bordure ou d’une pelle-bêche parfaitement aiguisés.

Cependant, si l’aire de votre nouveau potager est particulièrement imposante, vous pouvez aussi effectuer tout ce travail à l’aide d’une machine à dégazonner spécialement conçue à cette fin. On trouve ce type de machine dans les centres de location d’outillage.

Façonnez des planches de culture large et profondes

Des planches de culture larges, profondes et surélevées permettent aux plantes potagères de s’enraciner profondément, ce qui améliore leur capacité à puiser l’eau et les éléments nutritifs, augmentant ainsi la production de légumes de façon substantielle.

Un potager doit être constitué de parties bien distinctes, soit les emplacements dédiés à la culture des plantes et les allées utiles au passage des jardiniers. Les endroits où poussent les légumes sont appelés planches de culture.

Afin que les plantes potagères s’enracinent profondément et qu’elles aient une production maximale, les planches de culture doivent être larges, profondes et surélevées. Chaque planche peut mesurer environ 90 cm (3 pi) de largeur, afin d’avoir facilement accès au centre pour pouvoir désherber, fertiliser et récolter, sur une longueur variable. D’autre part, la profondeur de sol meuble d’une planche de culture doit atteindre entre 40 et 45 cm (16 à 18 po).

Pour façonner une planche, il faut ameublir le sol existant à l’aide d’une pelle-bêche ou d’une motobêcheuse, louer dans un centre de location d’outillage un modèle dont les lames sont situées derrière les roues, jusqu’à une profondeur de 20 à 25 cm (8 à 10 po), puis ajouter par-dessus une quantité de terre meuble, excavée dans les allées, d’environ 15 cm (6 po) de hauteur. En ajoutant finalement une épaisseur de 5 cm (2 po) de compost à la surface de la planche, on obtient une profondeur totale de terre bien meuble allant jusqu’à 45 cm (18 po).

Finalement, assurez-vous que les allées situées entre les planches sont étroites, des allées faisant au plus 30 cm (12 po) de largeur permettent de laisser un maximum d’espace pour les plantes, et recouvrez-les d’une épaisse couche de paillis afin d’éviter d’avoir à les désherber constamment. Les planches de culture, quant à elles, ne seront pas recouvertes de paillis.

Ajoutez du compost et de l’engrais

Pour la fertilisation des plantes comestibles, il est préférable d’opter pour des engrais d’origine naturelle certifiés par des organismes de certification bio reconnus.

Il est très rare que le sol d’un terrain soit mauvais au point où il soit nécessaire de le changer. La somme de temps, d’énergie et d’argent investie dans ce genre de modification est souvent démesurée par rapport aux résultats recherchés. Même les sols sableux et les sols les plus argileux peuvent devenir en quelque temps des terres de qualité convenant à la culture de la plupart des plantes potagères.

Pour arriver à obtenir une bonne terre, il faut ajouter du compost au sol existant. Le compost est un produit exceptionnel qui a des effets très bénéfiques sur le sol et les végétaux. Puisqu’il est riche en humus, le compost allège, ameublit et aère les terres argileuses souvent lourdes et compactes. De cette façon, il régularise la rétention d’eau de ces sols. Dans les terres sableuses, l’humus augmente la rétention d’eau et d’éléments nutritifs, ce qui a pour effet de ralentir l’érosion et le lessivage.

Il est également avantageux d’utiliser un champignon mycorhizien lors de la plantation des végétaux comestibles. Le mycélium des champignons mycorhiziens se fixe aux plantes et agit comme une extension de leur système de racines, permettant à ces dernières de mieux s’approvisionner en eau et en éléments nutritifs, leur assurant ainsi une floraison et une fructification plus abondantes. On doit simplement mettre une petite poignée de mycorhize près des racines des plantes au moment de leur mise en terre.

Vous devez incorporer le compost et l’engrais à la terre des planches avec une pelle-bêche ou à l’aide d’une motobêcheuse. Une fois le compost bien mélangé au sol, le niveau final de chaque planche doit idéalement excéder la hauteur des allées d’environ 20 cm (8 po). Vous pouvez finalement aplanir la surface de chaque planche de culture et en compacter légèrement les côtés, qui seront en pente légère, à l’aide d’un râteau.

En pleine terre ou en bac

Le bois est le matériau le plus prisé pour la fabrication de bacs potagers, mais il a le désavantage de pourrir rapidement au contact de la terre. Optez donc pour le cèdre ou le chêne, deux essences réputées pour leur résistance à la pourriture, et assurez-vous de recouvrir la partie interne des parois avec du polystyrène extrudé ou avec une membrane géotextile.

Plusieurs personnes cultivent les plantes potagères en pleine terre, mais, si vous n’avez pas accès à une parcelle de terre ou si le sol de votre terrain est de mauvaise qualité ou pire, s’il est contaminé, vous pouvez faire pousser vos légumes et fines herbes dans des bacs surélevés.

Pour fabriquer les parois d’un bac potager, il est possible d’utiliser du bois, mais il est certainement plus commode d’opter pour un matériau imputrescible comme du bois composite, de la pierre ou des plaques d’acier. N’hésitez pas aussi à récupérer certains matériaux pour la confection de votre bac, tels que des ballots de paille, des branches d’arbres tressées ou des vieux blocs de béton, par exemple. Ces matières récupérées donneront du charme et de l’originalité à votre bac potager tout en diminuant significativement les coûts de sa construction.

Optez pour des légumes faciles à cultiver

Les plantes potagères les plus faciles à cultiver sont sans contredit les légumes dont on consomme les feuilles. Ainsi, si vous en êtes à votre première expérience, optez pour la culture de la bette à carde, de l’épinard, du kale et de la laitue. D’autre part, la plupart des légumes racines, tels que les carottes et les betteraves, ainsi que les pois et les haricots, nains ou grimpants, fournissent d’excellentes récoltes et demandent habituellement peu de soin.

Vous voudrez probablement aussi cultiver quelques tomates dans votre premier potager. Quelques plants de tomates indéterminés, trois à cinq, produiront suffisamment de tomates pour une famille de quatre personnes. Il est recommandé d’avoir un peu plus d’expérience avant d’intégrer des aubergines et des poivrons à un jardin puisqu’il s’agit de deux plantes particulièrement exigeantes.

Finalement, outre le basilic et la coriandre qui sont réputés pour être des plantes capricieuses, la majorité des fines herbes se cultivent aisément en compagnie de la plupart des légumes. N’oubliez pas finalement d’intégrer des fleurs qui produisent du nectar en abondance afin d’attirer les insectes pollinisateurs dans votre potager. De plus, certaines de ces fleurs, comme les capucines, les tagètes, les tournesols et les soucis, par exemple, sont tout à fait comestibles !

Plantez au bon moment

Il est possible de semer certaines plantes comestibles soi-même, par souci d’économie ou simplement pour le plaisir de les voir germer et pousser ! Dans certains cas, c’est moins coûteux que d’acheter des plants en pots dans une jardinerie et ça donne des résultats tout aussi intéressants.

La majorité des fines herbes, des légumes-feuilles et des légumes racines peuvent être semés directement en pleine terre à l’extérieur, vers la fin d’avril et en mai, selon les régions. Quant aux haricots et à la plupart des cucurbitacées (concombres et courges), on peut les semer à l’extérieur vers la mi-mai.

Par contre, il est impensable de semer les aubergines, les poivrons ou les tomates à l’extérieur à la fin de mai ou en juin et espérer obtenir une récolte intéressante avant l’automne ! Dans ce cas, il faut absolument faire un semis à l’intérieur, sous éclairage artificiel de type DEL, six à huit semaines avant la sortie à l’extérieur.

N’oubliez pas d’acclimater vos plants à la température extérieure avant de les mettre en terre. Cette période d’endurcissement doit débuter quelques jours avant la plantation. Il vous suffira de placer vos plants à l’extérieur, à l’ombre légère, un peu plus longtemps chaque jour.

Arrosez vos légumes

Afin que vos plantes potagères et fruitières forment des racines profondes et ramifiées, il est préférable de les arroser une seule fois par semaine, ou deux, au plus, en période très chaude et sèche. Cependant, puisqu’elles affectionnent un taux d’humidité élevé et constant, arrosez les plantes légumières exigeantes, comme les aubergines, les concombres, les poivrons et les tomates, deux fois par semaine, trois en période de canicule. Si vous les arrosez un peu tous les jours, vos plantes produiront des racines superficielles et seront ainsi moins résistantes à la sécheresse et toute autre situation stressante. Évidemment, lorsque vous arrosez votre jardin, vous devrez tenir compte des dernières pluies.

Le meilleur moment pour effectuer l’arrosage d’un potager est assurément tôt le matin. En arrosant lorsque le soleil est au zénith, près de la moitié de l’eau s’évapore dans les minutes qui suivent. Cependant, de nombreuses municipalités ont adopté des règlements concernant les périodes d’arrosage que vous devez absolument respecter.

Pour éviter de favoriser la prolifération de maladies fongiques, il est préférable de ne pas arroser le feuillage de certaines plantes sensibles. La meilleure façon d’arroser ces plantes est de le faire à la main avec un arrosoir ou à l’aide d’un tuyau muni d’une lance d’arrosage. Dans le cas des tomates, il leur faut environ 5 litres lorsqu’elles sont jeunes, le double lorsqu’elles sont plus âgées et moins de 5 litres par plant au moment de la récolte.

Plan du site